Revivez le Raid 87km 2019 avec  Jean-Roch Boquet qui participait pour la première fois à un Ultra ! C’était sa première expérience de trail et de longue distance (supérieure au marathon).

Hello les runners traileurs, voici mon CR du 90 km Ultra Marin 2019, une belle course partagée avec 2 potes !Nous commençons donc à Arzon, avec un départ retardé de 2h en raison de la canicule, soit 17h.Je suis avec Eric, qui l’a déjà fait, et Alix, qui joue à domicile (Séné). Nous sommes près du rond-point, sous les pins à attendre tranquille, il fait même un peu frisquet, non ? En plein soleil, ben non.16h50 : nous allons vers la ligne ; déjà plein de monde, je fonce donc droit sur la ligne “t’es comme ça, toi ?” me dit Eric ; “y pas de dossards élites”, lui répondis-je ; et nous voilà en 1ère ligne. Belle séquence émotion avec le clapping à la mémoire de Josiane Landrein, cofondatrice de l’épreuve, partie trop tôt début juin… puis c’est le “protocole de départ”, chouette, mon premier ! Ca part, vite, mais nous suivons, et tant mieux, nous évitons l’énorme bouchon près du parking (si si, regardez : https://www.facebook.com/watch/?v=623938444779661 )Le sentier côtier : petite brise qui fait du bien, nous ralentissons un peu à 6’35/km, mais à chaque fois que nous remercions le public de son soutien, rien à faire, on accélère…Les km défilent, Port Navalo, un cata masterise la Jument et le passe à la voile easy, nous passons donc dans l’intérieur du Golfe, et déjà il fait plus chaud. Je joue toujours au touriste, je prends des photos, je réponds au téléphone (il faut toujours répondre à sa maman !)Km 17 : seulement ? Ca va être long aujourd’hui… Le 1er ravito est bienvenu, eau, St Yorre, orangeset bananes. Nous repartons plus frais, mais à partir du km 25 Eric et moi lâchons progressivement Alix, et déjà nous commençons à alterner marche et course ; point d’honneur à passer les 30 en courant “tu cours en montée, toi ??”, oui, mais j’aurais pas dû m’enflammer, je marche au km 32 et Eric me lâche.Km 34, ravito, je ne peux rien avaler, à peine boire, je cherche Eric, pas là, bon il a dû filer rapidement, je continue. Vraiment, j’aurais dû boire au début… Marche course marche course, km 39 “ok, je cours jusqu’au marathon” ; 42.2 je lance à une runneuse “on passe le marathon”, et je marche. Je me dis “c’est une bonne expérience, au pire si tu marches tu finis en 15h, Alix va te rattraper… mais qu’est-ce que je fous là ???”Km 44, une main sur mon épaule “ben Jeannot, t’es là !”, Eric me rattrape, en fait je l’avais loupé au ravito de Sarzeau… Il me relance, mais 500m plus loin impossible de courir, j’essaie de vomir sans succès à côté du moulin du Hézo (séquence tourisme) ; on repart en marchant, puis avec la nuit qui tombe, la vigueur revient, nous recourons, les premières frontales apparaissent, la mienne est au fond de mon sac, donc je continue sans, au milieu des lucioles !22h54, sms sympa de ma chère et tendre : “46, plus qu’un marathon, bravo, allez allez !” ; ok donc elle pense qu’un marathon c’est easy pour moi, je suis flatté, ça motive, je l’ai déjà (bien) fait, mais Paris, là, c’est loin, et la réalité du moment est, comment dire… plus complexe ! Je lui réponds « mal aux pieds !! mais on y va, biz » et on y va effectivement.Km 48, gros ravito du Hézo, la St Yorre ? Au secours, pas possible, toujours incapable d’avaler quoi que ce soit, je m’affale sur une chaise et sur une table. Ah, j’enlève mes chaussures, mes semelles mefont un mal de chien depuis le km 30… je mange quand même quelques morceaux de banane, un peu de gâteau de semoule pour faire plaisir à Eric, et je bois du Breizh Cola, ça ça fait du bien au moral !! Alix arrive, il a une énorme crevasse sous le pied gauche, il prend une assiette de pâtes (mais comment il fait ???) et va être pris en charge par la Croix Rouge. Moi je cherche des gels et miracle, je trouve les gommes que le vendeur du Vieux Campeur m’avait recommandées ! Purée elles sont délicieuses, le moral remonte en flèche, comme quoi… Eric donne le signal du départ, nous quittons à nouveau Alix ; pointage : nous sommes 434, incroyable ! Boostés à fond, nous repartons (bon, marche course marche course quand même, faut pas rêver non plus…).Quelques km plus loin (51), bordure de marécage, eau, boue, on patauge, ambiance rizière « ça passe au sec à gauche ? OK, on y va », mode « Platoon ».A la frontale, de nuit, les sensations sont bonnes, en plus les traileurs avec tous les trucs réfléchissant fluorescents phosphorescents de partout ressemblent à des sapins de Noël, c’est cool !Je lance aussi un “po po po po po po po pololo… olé” dans le village de Kerentreh (km 57). Puis je marche. Mais Eric est fier de moi, lui qui chantait “Mexico” au départ ! Maintenant c’est moi qui mène le train, je suis regonflé comme jamais, Eric me remercie « c’est gentil de m’attendre », je lui réponds que de toute façon, on passe la ligne ensemble et que s’il n’avait pas été là au km 44, je ne serais pas là non plus… Nous pensons à Alix, déjà à 2 ce n’est pas évident, alors tout seul… Espérons qu’il ait pu repartir !Km 68 : un mec fume un cigarillo à l’entrée du ravito, ça me donne une idée : le week end prochain,ce sera cigare et Single Malt (fait hier 😉 ; nous mangeons rapidement, il y a du Comté Entremont, moi qui bosse pour SODIAAL ça me donne un grand sourire ! 2 tranches de Comté, des TUC, une rasade de Breizh Cola (le moral, toujours le moral) plus tard, nous repartons, pointage : 394 ! Ma Dé Beniguet, presque dans le 1er tiers !Bon, il ne reste “plus que” 22 bornes, il est 3h du mat’ mais les bénévoles sont là, au taquet, plus dessupporters en pleine nuit ! Du coup je reprends des photos.Il reste un ravito en eau vers le 74, mais on ne s’arrête pas, pointage : 388, on progresse encore, incroyable ! C’est pas primordial à cette heure de la nuit, mais ça fait du bien.Le jour se lève, mais où est Vannes b***** on est à 3 bornes ! Ah, juste derrière la pointe, ok. La dernière ligne droite, on arrive sur le port… Eric avise un concurrent un peu derrière “hors de question qu’il nous rattrape, lui”, donc… on court, comme quoi, une petite stimulation… nous avalons 2 autres coureurs, bon rythme, je dis à Eric : « tu imagines que ceux du 177, ils en ont encore pour 90 km ?? » et passons la ligne en courant, heureux, mais heureux !! Il est 6h12, donc 13h12 de course, 376è, que demande le peuple ? Médaille, t-shirt, photo devant le poster… et manger ! Direction la boulangerie place des Lices, “z’auriez pas un déambulateur ?” Retour sur un banc au fond du port pour attendre Alix juste avant la ligne ; le thé Casablanca (jasmin bergamote) et le pain au chocolat font du bien ; arrivée Alix prévue 7h30 : il va falloir réussir à se lever du banc… ah ben le voilà, pas le temps de lacer les shoes, je prends mon sac, ma veste de pluie rose (je suis bien visible la nuit 😉 et je le rattrape, Eric lui comatait un peu trop sur le banc… La ligne avec Alix, ben comme avec Eric, heureux, mais heureux !! Médaille, t-shirt, et photo devant le poster !Bilan : à l’année prochaine !! Kenavo et merci d’avoir réussi à me lire jusqu’au bout !

Jean-Roch Boquet

Dossard 2118

 

1 réponse
  1. JLG
    JLG dit :

    Bravo! Peut-être un peu d’optimisme au départ, la route est longue à défaut d’être difficile (D+ insignifiant sur 90 bornes). Parti dans la moitié du peloton et avec certes un peu d’allure ralentie sur le début de parcours je termine 233ème en 12h11 sans avoir eu de coup de mou. Juste un peu mécontent d’avoir trop trainé aux ravitos (Quasi 35mn à le Hézo et 27 à Séné). Je l’ai fait seul et ça été super, content de n’avoir connu aucun souci de pieds mais comme d’hab’ TANO+NOK = duo gagnant.
    Bonne récup (bon ça doit être fini maintenant) et bonne suite. Un petit 177 en 2020? Pour ma pomme j’y pense un peu tellement ce raid s’est bien passé et que j’en ressort presque frustré par rapport à ce quoi je m’attendais. Affaire à suivre.
    Cordialement Jean-Louis

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